La résidence San Miguel, réalisation emblématique de Max Bourgoin, est un ensemble de bureaux et de logements haut de gamme implanté sur un terrain de 4 000 m2, situé immédiatement derrière les remparts du XIVe siècle. Ces immeubles tirent une large part de leur notoriété et de leur exemplarité du dialogue que l’architecte a su établir avec la muraille médiévale. Formidable démonstration d’intégration au site ! Situation assez exceptionnelle, il se trouve que l’architecte a été son propre commanditaire : il avait en effet acquis le terrain avec sa femme au début des années 60 avec l’idée d’y réaliser une opération exemplaire, libérée des impératifs de rationalité, et dégagée dans une certaine mesure des contraintes de rentabilité. Max Bourgoin est un architecte totalement atypique, dont l’œuvre se situe en marge de toute mode ou courant. Après une formation initiale aux Arts et Métiers avant-guerre, puis à l’atelier Expert aux Beaux-Arts à Paris, il a commencé sa carrière professionnelle au lendemain de la Libération et a été pendant près de 30 ans un acteur important de la Reconstruction dans le Vaucluse où il construisit des milliers de logements et des dizaines d’équipements, principalement scolaires, en grande partie basés sur des procédés d’industrialisation lourde. C’est au début des années 60, après s’être séparé de son associé Albert Conil, qu’il démarre une seconde carrière où il s’émancipe de son rationalisme initial et approfondit son travail sur la peau du bâtiment, développant une approche plus intégrée à l’environnement.